L'immersion en anglais : espoirs et réalités

Comment apprendre l’anglais en immersion

Anglais en immersion

Etre entouré d'anglophones, pourquoi pas, mais… et ensuite ?

Apprendre l’anglais en immersion apparaît souvent aux gens comme la solution miracle pour parler anglais : « Oh, apprendre l’anglais c’est facile, il suffit d’aller vivre dans le pays ! ». Le problème est que ces phrases sont le plus souvent prononcées soit par des personnes qui ne l’ont jamais fait, soit pas des personnes qui ont essayé mais ne maîtrisent pas l’anglais pour autant. C’est un peu comme de dire que, pour devenir pianiste professionnel, il suffit d’être dame pipi à l’opéra. L’environnement aide – l’immersion, c’est super – mais ça ne fait pas tout ! Les milliers d’expatriés et d’immigrés qui vivent à l’étranger mais restent coupés du reste de la population par la langue, sont malheureusement là pour en témoigner.

Alors, dans cet article, je veux vous faire profiter de mon expérience et vous dire comment réussir votre immersion en anglais.

Apprendre en immersion : mon histoire

Je parle anglais, français, hongrois, russe et espagnol. J’ai appris certaines de ces langues en France, d’autres dans le pays, ou encore à cheval entre les deux. Dans tous les cas, l’immersion est une étape indispensable : vous voudrez vous en servir soit pour apprendre (voir mes conseils ci-dessous), soit pour enfin profiter de cette langue étrangère durement apprise !

Immersion réussie

Le hongrois est une langue que j’ai apprise en immersion et mon histoire s’applique tout autant à quelqu’un qui veut apprendre l’anglais en immersion.

En débarquant en Hongrie, j’avais quelques notions de hongrois mais vraiment pas grand-chose. J’avais essayé d’apprendre en France avec deux méthodes (Assimil et Pimsleur) mais cela ne portait pas autant ses fruits que je l’aurais voulu. Je connaissais quelques mots et quelques phrases mais, lors d’un séjour à Budapest en vacances, je me rendais compte que j’avais beaucoup de peine à les utiliser et que les locaux ne comprenaient pas bien ce que je disais, à cause de ma prononciation.

Pas du genre à abandonner, je décidais, suite à ces vacances amusantes mais un peu décevantes d’un point de vue linguistique, de partir vivre dans le pays pour 2-3 mois. Je partais avec l’idée que, pourvu de bien m’y apprendre, trois mois sur place, en immersion, me permettraient de parler couramment. (A quel point cette idée tient ses promesses, nous allons le voir).

Immersion en anglais (Carte)L’immersion, en anglais ou autre, toujours un voyage excitant

Bien déterminé à progresser et apprendre la langue, j’arrivais dans le pays doté d’un plan : faire le maximum de choses en hongrois et vivre en immersion dans la langue. C’était la première fois que je vivais à l’étranger et je voulais en profiter pour prendre un bain linguistique.

Long story short… Mon aventure a bien fonctionné.

Après deux mois sur place, je pouvais tout faire en hongrois. Certes avec certains obstacles (je ne parlais toujours pas couramment : je ne pouvais pas parler de tout) mais avec plaisir, avec une certaine aisance, et capable de briser la glace avec les personnes que je rencontrais et d’utiliser le hongrois toute la journée.

Je n’avais pas atteint un niveau courant et encore moins bilingue (pouvoir devenir bilingue en trois mois est une illusion) mais je pouvais communiquer clairement dans la langue et l’utiliser au quotidien. J’avais, en somme, acquis des bases très solides dans la langue, j’avais aussi appris plus en deux mois sur place que la plupart des gens apprennent en des années.

Qu’est-ce qui a fait le succès de ce voyage en immersion ?

Contraint à réussir

La première chose et la plus importante je crois est que j’avais une règle toute simple :

Je ne m’autorisais à parler QUE la langue du pays.

Le hongrois en l’occurrence. Je m’interdisais de parler français ou anglais ! Je m’autorisais juste des fenêtres de temps pour ces deux langues le dimanche soir, pour rester en contact avec les amis et la famille restés en France.

A quoi bon partir à l’autre bout du monde si c’est pour vivre comme à la maison ?

De la même manière, à quoi bon partir en immersion en anglais si c’est pour parler en français (et penser en français) la majorité du temps ? Donc :

En immersion, autorisez-vous à parler seulement une langue : celle du pays.

Ce principe est la clé du succès pour apprendre l’anglais en immersion.

J’entends déjà les objections : « Oui mais si je ne parle pas encore la langue, je dois bien me servir du français ».

En tant que langue pivot, pour vous aider à comprendre l’anglais, oui, sans doute, tout comme un enfant se sert de roulettes pour apprendre à faire du vélo. Mais seulement pour le strict minimum. Essayez de tout faire dans la langue, c’est ça le jeu (et c’est ça l’immersion linguistique !). Vous vous découvrirez des talents insoupçonnés et serez impressionné par la capacité du corps/cerveau humain à s’adapter.

Que s’est-il passé une fois que je ne m’autorisais à parler que la langue du pays ?

Je n’avais plus qu’une option : l’apprendre !

Je ne connaissais personne dans la ville. Donc, si je voulais me faire des amis (et ne pas déprimer), je DEVAIS apprendre la langue.

Gardez en tête la puissance de notre nature sociale. Nous sommes des animaux sociaux. Si le seul moyen de faire partie du groupe est d’apprendre la langue, alors on l’apprend. C’est notre instinct de survie au travail.

Autrement dit, je n’avais pas le choix.

Alors, vous allez peut-être me dire, « Mais Fabien, comment tu faisais pour te faire des amis dans la langue si tu ne la parlais pas encore ? ».

C’est très simple (mais le fruit de certains efforts) :

  • Je rencontrais beaucoup de monde.
  • Je travaillais ce que je voulais dire avec mes profs (j’en avais deux).
  • Puis je répétais les mêmes histoires avec les nouvelles personnes que je rencontrais, jusqu’à ce que cela devienne automatique.

Voyez cela comme un travail d’acteur. Un acteur répète encore et encore les mêmes lignes jusqu’à ce que cela devienne une seconde nature pour lui. Il mémorise d’abord les grandes lignes, puis les expressions puis peut enfin se concentrer sur les détails.

Ça marche aussi pour les langues vivantes.

Immersion en anglais : briser la glaceUne fois sur place, allez boire des verres avec les locaux pour briser la glace. En plus, avec votre accent français, vous allez les faire fondre !

Je travaillais des sujets de conversation et des histoires simples – des choses que je voulais raconter aux personnes que je rencontrais.

J’avais beaucoup de mal à les raconter au début, cela demandait beaucoup d’effort.

De fil en aiguille, en revanche, de rencontre en rencontre, ces histoires devenaient de plus en plus familières.

Mon débit devenait de plus en plus fluide. Ma grammaire de plus en plus correcte. Ma prononciation de plus en plus juste.

Si vous racontez la même histoire quarante fois à la même personne, elle s’ennuiera mortellement.

Si vous racontez la même histoire, en anglais, à des dizaines de personnes différentes, vous vous améliorerez sans cesse.

Voici exactement comment je travaillais quand j’étais en immersion en Hongrie :

  • Je préparais ce que je voulais dire avec ma prof de hongrois.
    • C’était avant tout une prof de conversation et j’ai eu la chance de tomber sur une bonne prof.
      • Elle avait l’intuition de deviner ce que je voulais dire. Tant et si bien que, si au début je ne connaissais trois fois rien, ça ne nous empêchait pas de parler tout le temps en hongrois et de n’utiliser que quelques mots d’anglais de temps à autre strictement quand nécessaire.
      • Elle a l’intelligence de faire répéter les gens et de leur donner la chance de s’auto-corriger avant de les corriger elle-même. Cela évite le côté désagréable d’être corrigé tout le temps, tout en aidant à mieux observer comment on parle et comment la langue fonctionne, pour mieux la parler.
    • Je savais ce que je voulais apprendre. Je ne faisais aucun devoir (parce que je n’aime pas ça et que je compensais via les rencontres) mais je ne venais pas les mains dans les poches pour autant. J’avais tout le temps des choses à raconter et des choses que je voulais découvrir.
  • Je rencontrais beaucoup de monde avec qui je pouvais utiliser ce que j’avais appris en cours.
    • Comme mentionné, je m’améliorais avec chaque nouvelle rencontre ou presque, comme un comédien.
    • Ces rencontres me faisaient aussi découvrir quels autres sujets de conversation je voulais être capable d’aborder.
    • Je prenais des notes. Je n’allais jamais boire de verre sans prendre un stylo et du papier. (Pour noter, annoter et gribouiller).
  • C’était un cercle vertueux ! Ma prof m’aidait à me préparer, les rencontres à pratiquer. Puis les rencontres m’aidaient à explorer de nouvelles pistes, que j’approfondissais ensuite en cours. Je m’améliorais ainsi de cours en cours et de rencontre en rencontre.
    • Cours et rencontres finissaient d’ailleurs par se ressembler : beaucoup des personnes que je rencontrais m’aidaient à apprendre de nouvelles choses que je voulais savoir dire ; tandis que mes cours étaient de plus en plus détendus et ressemblaient de plus en plus à une conversation entre amis.
  • Je travaillais aussi la grammaire avec, de mon côté, un livre de grammaire et, en plus, un prof orienté grammaire (différent de la prof mentionnée plus haut), assez cher, ce qui m’obligeait à avancer sur le sujet.
    • C’était d’autant plus important en hongrois (où la grammaire est très différente). Etudier la grammaire permet de faire le tour de ce qui est différent entre notre nouvelle langue et notre langue natale.
    • Lorsqu’on étudie la grammaire en immersion (en complément de parler la langue !), on a au moins le plaisir de pouvoir observer la grammaire partout autour de nous et de voir que ça nous sert à comprendre.
    • Pour l’anglais, à vous de voir si la grammaire vous pose souci puis à élucider quels points travailler exactement.

J’appelle ce type d’approche une approche multi-angles parce que l’on attaque la langue de tous les côtés. On peut le faire en restant chez soi. L’avantage à le faire en immersion à l’étranger est que les opportunités de rencontrer des natifs sont multipliées par dix, pourvu d’être ouvert et sociable – et d’éviter les expats francophones.

Approche multi-angles : attaquez l'anglais de tous les côtés

La systémique

Avant de continuer à vous dire ce qui m’a permis d’avoir un niveau conversationnel en hongrois grâce à deux mois en immersion, j’aimerais vous parler des systèmes.

Face à un projet, on compte trop sur notre volonté et notre motivation. Le problème est que les deux s’épuisent :

  • Notre volonté diminue avec notre fatigue.
  • Et, sans progrès, notre motivation diminue avec le temps, tandis qu’elle encaisse de bons coups lorsque nous rencontrons des obstacles.

Une meilleure ressource sur laquelle s’appuyer, plutôt que notre volonté et notre motivation, ce sont les systèmes et la pensée systémique.

Au lieu de croire à tort que la volonté suffit à réussir, songez à la manière dont vous pouvez vous obliger à réussir.

Dans mon cas, le fait de m’interdire de parler anglais ou français m’obligeait à réussir en hongrois.

Soit j’apprenais le hongrois et me faisais des amis dans la langue et profitais de mon séjour et accomplissais mon objectif (et profitais de la vie !). Soit je restais dans mon coin, comme une crotte, seul et à ne parler à personne.

Vraiment, ce n’était pas un choix compliqué !

J’avais mis les conditions en place pour me forcer à apprendre la langue.

Notes que c’est quelque chose qui n’aurait jamais réussi si j’étais parti avec l’idée que « je ferais du hongrois de temps en temps, quand j’en ai envie ».

En d’autres termes, les contraintes ont du bon, pourvu de les choisir et de les mettre à notre service.

Pour atteindre un but, concevez donc un système où vous êtes obligé d’atteindre ce but.

Les voyages en immersion sont un bon moyen d’apprendre l’anglais : vous êtes dans le bon environnement et votre environnement influe sur vous.

En revanche, ce n’est pas suffisant pour apprendre l’anglais parce que vous pouvez continuer à faire une majorité de choses en français (les français sont partout et Internet nous permet de partir à l’autre bout du monde sans jamais couper le cordon avec notre monde de départ).

Donc songez à cela face à vos buts (en anglais ou autre) :

Quel système pouvez-vous mettre en place pour être obligé de réussir ?

Vous avez l’essentiel de mon histoire et de ce qui m’a permis d’apprendre le hongrois ou, du moins, d’avoir des bases solides pour pouvoir communiquer et VIVRE dans la langue.

Une autre chose qui m’a grandement aidé est d’avoir lu énormément sur la manière dont le cerveau fonctionne et dont on apprend une langue. Je savais ce qu’il fallait faire en théorie et en pratique.

Je savais aussi décomposer une langue étrangère – énorme – en sous-parties plus digestes, pour mieux apprendre et être sûr d’avancer. C’est ce que l’on appelle le morcellement – un des concepts-clés pour apprendre à apprendre.

(Ces recherches et mes voyages ont donné naissance en 2011 à mon deuxième livre, Le don des langues).

Oh, et ce premier voyage en immersion est aussi parmi des mois les plus heureux de ma vie. Apprendre une nouvelle langue, faire beaucoup de rencontres et me voir progresser sans cesse me donnaient une certaine douceur de vivre (intensifiée par le choix du lieu : Budapest est une ville magnifique et très agréable pour sortir). Cela m’a aussi donné une certaine confiance en moi qui m’a encouragé par la suite à partir pour un tour du monde linguistique. Se lancer dans un projet et le réussir est peut-être le meilleur moyen de construire sa confiance en moi.

Immersion en RussieImmersion en Russie

Immersion échouée

C’est bien de parler de ce qui fonctionne mais on a tendance à mieux retenir ce qui ne fonctionne pas, surtout lorsque ça arrive aux autres. Cela nous aide à voir les pièges à éviter.

J’aimerais donc vous parler de mes premiers contacts avec la langue russe et du fait que l’immersion ne rend pas l’apprentissage de la langue automatique.

On pense parfois que l’immersion fait tout… que, si on est dans le pays, à entendre et voir la langue partout chaque jour, notre cerveau va naturellement la comprendre, l’assimiler et nous permettre de la parler. Cette idée reçue vient je crois de la manière dont on apprend notre langue natale : on baigne dedans, et le reste semble suivre comme par magie ! C’est malheureusement une idée déconnectée de la réalité.

Les enfants passent leur temps en immersion, certes, mais ils passent leur temps à travailler la langue d’une manière ou d’une autre, que soit avec leurs parents qui leurs racontent une histoire, ou au jardin d’enfant avec des activités d’éveil, ou bien avec d’autres enfants… Cela ressemble souvent à du jeu mais cela reste une forme de travail. Ils apprennent au prix d’efforts constants, à plein temps –– et avec pour nécessité de s’intégrer au groupe. Ce n’est pas l’immersion qui opère sa magie mais les heure passées à découvrir la langue, qui sont récompensées.

Notez aussi qu’ils apprennent très, très lentement : les enfants passent entre 12 000 et 15 000 heures à apprendre leur langue natale ! [source : Diane Larsen-Freeman (1991)] Je ne sais pas si vous avez eu une conversation avec un enfant de cinq ans récemment… C’est mignon mais loin d’être impressionnant pour cinq ans de travail ! A comparer aux milles heures nécessaires à un adulte pour apprendre l’anglais à un niveau C2, chiffre ridiculement bas en comparaison.

Bref, l’immersion ne fait pas tout, comme je l’ai appris à mes dépends.

Après avoir acquis de solides bases de hongrois, je me lançais dans un tour du monde qui m’amena en Nouvelle-Zélande, en Australie, en Argentine, en Colombie, aux Etats-Unis… avec quelques crochets par la Hongrie pour ne pas perdre ce que j’avais acquis… et, enfin, en Russie. (Le russe et le hongrois sont deux langues totalement séparées et l’un n’aide nullement pour l’autre).

J’attaquais le russe assez sûr de moi. J’avais réussi à dompter le hongrois après tout, langue souvent présentée comme « la plus dure d’Europe ».

J’avais prévu de passer trois mois en Russie. Et c’est ce que je fis.

Problème : je débarquais avec zéro connaissance du russe (et un trop-plein de confiance en moi qui était, on peut le dire, de l’arrogance).

Je pensais pouvoir apprendre avec quelques livres et avec l’immersion… Qui plus est, ma copine (et, à vrai dire, future femme) était russe. Je pensais que le russe rentrerait dans mon cerveau comme une lettre à la poste… C’est comme ça que ça fonctionne en immersion, non ?!

C’était bien naïf :-)

Après trois mois en Russie, je n’étais toujours pas capable de tenir une conversation.

Avec le recul, rien de surprenant :

Je n’avais rien mis en place pour me forcer à apprendre la langue.

J’avais passé plus de temps en Russie à travailler qu’à quoi que ce soit d’autre. Or, rien ne remplace le simple fait de passer du temps avec la langue. Ma capacité à apprendre était limitée par le nombre d’heures investies à pratiquer la langue qui était lui-même limité par mes choix et mon manque d’organisation sur place.

Pour ce qui est des nécessités de la vie (qui en immersion obligent normalement à se démerder un minimum), ma copine pouvait tout interpréter pour moi et sa famille était d’une grande aide. C’était appréciable et pratique mais cela m’a évité ce coup de pied au cul qui force à apprendre.

Après trois mois en Russie, je connaissais plus ou moins l’alphabet et, à un certain degré, la prononciation, mais j’étais bien loin de parler la langue ou de maîtriser les bases.

Parfois, les nécessités de la vie s’interposent et ça fait partie du jeu. A l’époque, ma priorité était de travailler. Mais ce sont des choses à prévoir et l’immersion ne sera jamais une solution miracle à ce type de problèmes.

Il faut savoir s’organiser. Ou, comme le dit le dicton :

By failing to plan, you plan to fail. (En omettant de planifier, vous planifiez d’échouer.)

Conseils pour apprendre l’anglais en immersion

Passons à la morale de l’histoire. A quoi faire attention pour réussir son immersion en anglais ?

La leçon que l’on peut tirer de tout ça est que :

Si vous ne planifiez pas votre immersion pour être forcé de pratiquer l’anglais, la langue ne rentrera pas toute seule et vous passerez à côté de ce que l’immersion a à vous offrir : des heures et des heures de pratique, avec des natifs.

L’immersion n’est pas une solution, c’est un moyen. A vous de bien utiliser ce moyen, au risque de regretter de ne pas avoir saisi l’opportunité.

Les pièges éviter

  • Penser que l’immersion fait tout – non, c’est à vous de fournir le travail.
  • S’autoriser à parler français – vous devez délaisser votre ancien environnement pour vous intégrer au nouveau.
  • Passer son temps avec des francophones – fuyez-les !

Les deux derniers pièges s’évitent en choisissant bien où partir pour apprendre l’anglais en immersion.

Les pistes à suivre

  • Mettez en place un système où vous êtes forcé de pratiquer l’anglais. Ex:
  • Pratiquez l’anglais tous les jours, plusieurs fois par jour, ou ce que j’appelle le rythme ultradien pour les langues.
  • Débarquez dans le pays avec au moins quelques notions, pour avancer plus rapidement une fois sur place.
  • Pensez en anglais, même à un niveau débutant.
    • Repensez à et ré-utilisez le peu que vous connaissez, notamment lorsque vous vous baladez. Cela rendra l’anglais familier.
  • Faites des siestes
    • A travailler beaucoup la langue, vous allez vous surprendre à être fatigué (d’une bonne fatigue). Rien de mieux que les siestes pour permettre à votre cerveau de souffler et de consolider sa mémoire.

Vous fixer des objectifs qui dépendent de vous vous aide à vous y tenir et à vous motiver.

Je n’ai pas le temps de m’étendre ici sur les siestes mais gardez simplement en tête que la mémoire se consolide durant le sommeil et que les siestes vous aideront à mieux mémoriser (pourvu, évidemment, d’avoir pratiqué suffisamment !!!) et à tenir le rythme.

« Je glande pas, je consolide ma mémoire ! »« Je glande pas, je consolide ma mémoire ! »

Combien de temps pour apprendre l’anglais en immersion

Vous vous demandez sans doute Combien de temps pour apprendre l’anglais en immersion totale ? Il n’y a pas de réponse toute faite. Cela dépend du niveau que vous visez. Gardez en tête de compter en heures plutôt qu’en mois. Voyez mon article Combien de temps pour apprendre l’anglais. La réponse reste la même que vous soyez en immersion ou non car, peu importe où vous vous trouvez sur Terre, la question n’est pas tant votre emplacement que le nombre d’heures que vous passez à utiliser l’anglais.

(L’immersion vous aide à avoir des piqûres de rappel quand vous vous promenez dans la ville, en lisant les panneaux ou en écoutant les passant, et c’est agréable, mais cela ne représente qu’un temps de pratique minimum).

En immersion, entre les opportunités de rencontres, la motivation, l’environnement et tout ce qui vous aidera à faire plus d’anglais sans avoir l’impression de trimmer, vous devriez pouvoir monter à cinq heures de pratique journalière je pense. Visez un grand minimum de trois heures par jour. Si les choses se passent aussi bien pour vous en anglais qu’elles se sont passées pour moi en hongrois – ce que je vous souhaite ! – vous devriez vous retrouvez à pratiquer sans compter.

Où apprendre l’anglais en immersion

J’aimerais maintenant me concentrer sur la plus grosse erreur que font les francophones qui partent en immersion linguistique pour apprendre l’anglais.

Cette erreur est très simple :

Les francophones partent tous apprendre l’anglais aux mêmes endroits !

Londres, New York ; l’Australie pour les plus aventureux (un pays immense mais où les gens sont concentrés dans les mêmes grandes villes).

C’est incroyable et ce manque d’imagination est à vrai dire un peu désolant.

Immersion anglais LondresLondres, sixième ville française d’Europe ?

Alors, si vous êtes déjà parti ou que vous êtes attirés par de telles destinations, je peux le comprendre. Ce sont des noms quasiment mythiques et plus populaires que, disons, Scranton, Pennsylvania. Et ce sont de belles villes… Mais là n’est pas la question !

Si vous voulez visiter ces endroits, vous pouvez y partir en vacances.

Mais pour apprendre l’anglais en immersion, partez ailleurs.

Partez à la recherche de petites villes sans étrangers, vous serez alors le seul étranger ou presque, ce qui présente plus d’un avantage :

  • Vous serez obligé de parler anglais (avantage suffisant pour y aller)

Mais, aussi, comme vous serez le seul étranger ou presque :

  • Tout le monde sera curieux de vous parler !

Etre français est un avantage quand on voyage. Nous avons une réputation positive : la France est un pays cultivé, Paris est réputée la ville la plus belle et la plus romantique au monde, l’univers du luxe projeté par de grandes marques françaises déteint aussi un peu sur chacun de nous…

Mais quand, à Londres ou New York, vous êtes le quinzième français de la journée, et le centième étranger, à commander quelque chose dans un resto, avec un accent à couper au couteau… Eh bien, cela perd de son charme ! Ce qui serait charmant dans une petite ville, où les gens auront la patience et la curiosité de vous écouter, devient insignifiant, voire ennuyeux et irritant, dans une ville stressée comme Londres ou New York, ou même internationale comme Sydney ou Melbourne.

Réfléchissez-y : est-ce que vous voulez être le énième étranger de la journée ? Ou bien est-ce que vous voulez vivre une belle aventure dans un endroit où vous êtes « exotique » ?

Evidemment, cela demande un peu plus de courage de partir dans un coin méconnu que de suivre les sentiers battus. Tant mieux. Ça veut dire que les courageux et les courageuses seront récompensés.

Partez dans les endroits méconnus – et par définition, je ne peux pas vous dire où exactement, je peux juste vous dire quels coins éviter.

Au passage, lors de mes deux-trois mois en immersion, ma blague avec les locaux consistait à dire (dans la langue), dès que j’entendais des français « Oh non, des français ! Vite ! Ils font qu’on s’échappe de là ! » En plus de maintenir mon immersion linguistique, cela créait un comique de répétition face aux touristes. Cela me faisait aussi sortir du lot pour être le français qui parle la langue plutôt que le touriste.

Je ne suis pas convaincu que nous aimions tous vivre en ville et certainement pas tout le temps. Choisir un endroit plus petit ou plus beau en terme de nature et de paysages peut être cette bouffée d’air frais qui rendra votre séjour en immersion plus agréable que celui des autres, et vous laissera des souvenirs inoubliables.

Enfin, si vous voulez une immersion totale en anglais pas cher, opter pour les endroits plus petits et moins connus vous permettra de partir plus longtemps, plus facilement. Ou même de partir tout court ! Personnellement, si je dois choisir entre deux mois dans un endroit perdu où tout le monde veut me parler parce qu’il y a peu d’étrangers, ou une semaine a New York… Le choix est vite fait !

A vous de mettre les chances en votre faveur dans le choix de votre destination : combien d’heures de pratique obtiendrez-vous en anglais en partant pour telle destination plutôt que telle autre ?

Immersion en anglais (petite ville)Les petites villes, un choix intelligent pour son immersion en anglais

Comment préparer son voyage en immersion

Avant de partir apprendre l’anglais en immersion totale, je vous conseille d’être au moins familier avec la langue anglaise. C’est-à-dire, essayez d’avoir au moins les bases minimes qui vous permettront de lire les petites annonces et de débarquer sur place sans que ce soit un calvaire. (Histoire de débuter votre immersion en anglais du bon pied plutôt que de subir les choses).

Niveau linguistique

Pour préparer votre immersion linguistique en anglais, vous avez besoin selon moi de vous préparer ainsi :

  • Soyez familier de la phonétique anglaise, pour comprendre l’anglais oral.
    • De bonnes bases en phonétique vous permettront de pouvoir parler au lieu d’être obligé de tout écrire.
    • Les accents anglais sont ultra-nombreux, entraînez-vous à comprendre celui de la région.
  • Maîtrisez assez d’anglais pour survivre.
    • Pas besoin de savoir parler de fission nucléaire ni même de politique internationale mais ayez au moins suffisamment de bagage pour pouvoir trouver une auberge puis un logement.
  • Sachez vous présenter et dire ce que vous faites là, pour commencer à briser la glace.

Vous pouvez partir avec plus (plus votre niveau sera élevé, plus vous vous ouvrez d’opportunités) mais je pense que c’est suffisant. Faites attention aussi à ne pas utiliser votre niveau d’anglais comme prétexte pour ne pas partir (« Oh, je partirai quand je serai meilleur ! »), ce serait du perfectionnisme et de la procrastination et vous ferait passer à côté d’une aventure qui vous tente vraiment.

A l’inverse, n’attendez pas de partir pour apprendre l’anglais. L’immersion n’est pas une solution miracle et, plus vous commencez l’anglais tôt, quel que soit votre âge, meilleur sera votre niveau d’anglais.

Niveau logistique :

Pour votre voyage en immersion en anglais, mes conseils d’un point de vue logistique :

  • Partez autant que possible sans aucun besoin de travailler sur place. Cela vous permettra de vous concentrer sur l’anglais, les profs et les rencontres.
  • Préparez-vous mentalement et financièrement. Reculez la date de votre départ si ça veut dire partir dans de bonnes conditions. Mais dès que les conditions sont réunies, allez-y !
  • Achetez vos billets à l’avance, de préférence deux-trois mois avant (voire plus si vous partez très loin).
    • C’est moins cher ainsi, d’une part.
    • Surtout, d’autre part, vous serez super motivé une fois que vous aurez votre billet ! Ça vous aidera à vous préparer et à bosser l’anglais avant votre départ.

Pour travailler votre anglais avant de partir, je vous recommande évidemment Click & Speak™ parce que c’est le produit le plus intelligent pour apprendre l’anglais – il vous fait travailler la phonétique, le vocabulaire et la grammaire, de manière vivante et progressive, avec de 20 minutes à trois heures d’anglais par jour !

Enfin, gardez en tête que de tels voyages en immersion sont en grande partie une aventure humaine. Etre ouvert et savoir aller vers les autres, savoir briser la glace, avoir le sens de l’humour, savoir écouter, savoir faire le premier pas vers autrui… sont autant de qualités que vous gagnerez à développer, avant et pendant le voyage, pour faire des rencontres et bénéficier de votre immersion. (Les livres en anglais sur le développement personnel et la communication ne manquent pas).

Voilà. C’est tout sur l’immersion en anglais pour le moment. J’en reparlerai à l’avenir dans un article sur l’immersion en anglais en France et sur comment créer sa bulle d’immersion en anglais. D’ici là, je vous souhaite bon voyage et d’excellentes aventures linguistiques.

Bonne immersion !

Voir aussi

  • Apprendre en anglais, c’est-à-dire à partir de l’anglais · On n’apprend pas l’anglais en l’étudiant, on l’apprend en le pratiquant. Pour vous créer une bulle d’immersion, pas besoin de vous expatrier. Faites des choses en anglais et vous allez vous améliorer. Apprendre est la meilleure activité pour cela et cet article vous dit où trouver les ressources nécessaires.
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